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Le monde agricole doit changer ses pratiques

Le monde agricole doit changer ses pratiques en faveur du climat

 

le secteur agricole est une des premières victimes du changement climatique

Monde agricole changer pratiques

S’il est l’un des principaux responsables du changement climatique, le secteur agricole en est aussi l’une des premières victimes, et n’a d’autre choix que de s’adapter. Sa contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en revanche, divise les spécialistes. Responsable et victime : l’agriculture tient une place à part dans l’éventail des solutions au changement climatique. Fort contributeur aux émissions de gaz à effet de serre, le secteur agricole est aussi l’un des plus sensibles aux perturbations du climat.

Pour nourrir correctement l’humanité – 6 milliards de personnes aujourd’hui, 9 milliards en 2050 – il n’a donc pas d’autre choix que de s’adapter, voire, si possible, de participer à la lutte contre le réchauffement. Au sens strict, l’agriculture est responsable de 12 % à 14 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais, en incluant la déforestation, souvent engagée pour produire davantage de matières agricoles (huile de palme et de soja, notamment), ce taux grimpe à 24 %, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

« L’agriculture émet trois gaz à effet de serre, explique l’agronome Marc Dufumier : du gaz carbonique, par la déforestation, le labour du sol et la consommation de carburant des tracteurs ; du méthane, par fermentation des milieux humides comme les rizières, le stockage de fumier et surtout la digestion des ruminants ; et du protoxyde d’azote, émis pour l’essentiel quand on épand des engrais de synthèse. »

 

Les changements climatiques ont des effets perturbateurs sur l'agriculture

Moins concentrés dans l’atmosphère que le gaz carbonique, le méthane et le protoxyde d’azote sont des gaz aux pouvoirs réchauffants nettement plus puissants que le CO2, respectivement 25 et 300 fois supérieurs.

Dans les grandes lignes, les conséquences de ces émissions sur le climat sont connues : augmentation des températures, multiplication des phénomènes extrêmes (inondations, canicules, cyclones…), irrégularités de la pluviométrie, variation dans le début et la fin des saisons, diminution des ressources en eau, mais aussi remontée vers le Nord de pathogènes jusque-là uniquement présents au Sud…

Évidemment, sur tous ces points, le secteur agricole est en première ligne. « Le changement climatique a d’ores et déjà des effets perturbateurs sur l’agriculture, confirme Jean-François Soussana, directeur scientifique Environnement de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). On observe un impact négatif de 1 % par décennie sur les rendements en maïs et 2 % pour le blé. »

La France n’est pas épargnée. Selon l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc), le sud du pays devrait connaître des sécheresses plus prononcées et un déficit en eau.

« On observe déjà que les dates de floraison des arbres fruitiers et de la vigne sont plus précoces qu’il y a trente ans, d’une quinzaine de jours en moyenne, note Jérôme Duvernoy, chargé de mission à l’Onerc. Les rendements en blé stagnent, mais le maïs semble moins touché. » L’élevage aussi est concerné : au-delà de 21 °C, la production laitière des vaches a tendance à diminuer.

 

Anticiper les aléas du climat pour s'adapter au changement

Résultat, l’agriculture n’a d’autre choix que de s’adapter, selon deux stratégies possibles. « D’abord, une adaptation autonome, mise en place par l’agriculteur : évolution des dates de semis, de récolte, du calendrier de pâturage, stockage accru de foin pour anticiper des sécheresses, explique Jean-François Soussana. Mais si les aléas du climat deviennent plus sévères, il faudra reconsidérer les modèles de production plus en profondeur. »

Contrairement aux ONG – qui y voient la porte ouverte aux OGM –, l’Inra défend la génomique dans l’éventail des solutions. « L’objectif est de trouver des variétés tolérantes à la sécheresse, pour le maïs par exemple, poursuit Jean-François Soussana. Mais le cycle de sélection variétale est de dix à quinze ans, donc il faut anticiper surtout pour les cultures pérennes comme la vigne et l’arboriculture. »

La question de la réduction des émissions de gaz à effet de serre révèle aussi les fractures au sein du monde agricole. Jusqu’à présent, le secteur est resté en marge de l’agenda des solutions de la COP21, notamment parce que la sécurité alimentaire est considérée comme un enjeu majeur dans un grand nombre de pays et qu’à ce titre certains estiment que l’agriculture ne doit pas être l’objet de négociations.

 

Epandre mois d'engrais de synthèse pour améliorer la fertilité du sol

« Non, la faim dans le monde n’est pas liée à une insuffisance de production, mais à la non-disponibilité des denrées, en raison des gaspillages et des prix, souligne Marc Dufumier. Si l’agriculture n’est pas à l’ordre du jour des discussions, c’est d’abord parce que les lobbys des semenciers ou de la pétrochimie s’y opposent. »

Des pistes d’atténuation sont malgré tout évoquées. Pour les uns, la priorité est de se saisir du gisement inexploité que sont les sols, en y stockant du carbone de l’air. « Cela nécessite de changer nos pratiques culturales en arrêtant de labourer, en assurant une couverture végétale toute l’année ou en pratiquant l’agroforesterie », explique Emmanuel Torquebiau, chercheur au Cirad. Des techniques d’autant plus avantageuses qu’elles permettent d’améliorer la fertilité du sol et donc d’augmenter la production agricole.

Cette stratégie est au centre de l’initiative « 4 pour 1000 », lancée par le ministère de l’agriculture français (lire La Croix du 2 novembre). Mais elle est critiquée par des associations, comme le CCFD et Action contre la faim, qui regrettent le flou entourant ce programme et craignent qu’il soit récupéré par de grands groupes, comme Monsanto.

« Je n’ai rien contre cette initiative, mais elle ne doit surtout pas résumer à elle seule les stratégies d’atténuation de l’agriculture, soutient Marc Dufumier. Car le plus facile et le plus urgent est d’épandre moins d’engrais de synthèse, de façon à émettre moins de protoxyde d’azote. » Un défi de taille pour l’agriculture française : à lui seul, ce gaz représente 51 % de la contribution de notre agriculture au changement climatique.

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